Le boeuf est lent, mais la terre est patiente

Ce projet de blogue traîne depuis beaucoup trop de temps. Peut-être pas aussi longtemps que l’achèvement de l’autoroute 30. Ou du retour des Nordiques. Mais ça fait tout de même un bail...

Depuis que j’ai tourné le dos au journalisme au tournant des années 2000, le besoin d’écrire se fait sentir. Il n’est pas viscéral. Je ne ressens pas le besoin passionnel (et parfois malsain) de l’artiste. Il est plutôt léger. Il vagabonde au gré de mes humeurs personnelles et de mes lubies sur la société.

Depuis quelque temps, il se veut plus insistant. Crise de la quarantaine? Ironique quand on pense que cette urgence s’accompagne d’un constat douloureux : je suis rouillé. Au point d’avoir l’impression d’avoir perdu une partie de moi-même.

Je me sens un peu ridicule d’écrire ça froidement ici, dans un blogue public, avec mon nom de domaine et tout ce que ça peut impliquer. C’est ironique de se sentir privé d’une partie de soi sciemment négligée. À force de te mentir à toi-même (je sais écrire, je sais écrire, je sais écrire...), tu finis par te croire. Puis arrive le reality check... et tu réalises que tu n’es pas au niveau que tu aimerais être.

Et les doutes commencent à s’accumuler.

La bonne nouvelle, s’il y en a une, c’est que la situation peut être retournée. Je n’envisage pas un retour au journalisme. Pas plus que je n’ai envie de devenir le prochain blogueur populaire dont tout le monde parle. Je veux simplement pouvoir m’exprimer quand j’en ai envie. Avoir la plate-forme pour le faire et la contrôler. Parler de musique que j’aime, de techno, de médias ou de problèmes sociaux. Contourner les limites de médias sociaux, avec qui j’ai une relation amour/haine dont je ne vois pas la fin. Écrire.

Bref, retrouver une partie de moi-même, lentement mais sûrement.

Photo de couverture de Sandra Cunningham